Marie Jacinthe de Botidoux to Martha Jefferson (Randolph)

editorial note

The text that follows is part of what Botidoux referred to as one of her “journal” letters. The Editors have broken this manuscript, which spans nearly three months, into sections dated as Botidoux dated them, and grouped each transcription together with its translation. Unless otherwise noted, Botidoux’s original punctuation and spelling have been retained. Links to navigate from one dated section to another appear below.

To “journal” beginning 4 Nov. 1789To previous “journal” entry 15 Dec. 1789To next “journal” entry 30 Dec. 1789

Lundi 21 decembre [1789]=

je t’ai dit Ma Chere que j’avois fait deux Conquêtes L’autre jour, je n’avois parlé qu’a une et de choses fort indifferentes, Lançon vient de M’apprendre une fort bonne Chose C’est qu’il se tuoit à me faire des Compliments1 sans que je m’en doutasse.=je t’ai dit plusieurs fois que je n’entendois jamais tout Ce qu’on me disoit mais que Lorsque j’avois entendu un mot de La phrase je faisois Ma reponse La dessus plutot que de faire répéter Ce qui produisoit quelque fois de plaisants Coq a L’anes Cela m’est arrivé L’autre jour. je parlois à Ce mr d’une dlle que nous avons ici pour qui il s’etoit proposé il y a 2 a 3 ans, et je Lui disois quelle etoit fort jolie, tres aimable &c &c je Croyois qu’il me repondoit que oui mais Cependant d’une maniere qui prouvoit qu’il ne La trouvoit pas si Charmante mais seulement ni bien ni Mal, je Continuai ma Conversation sur Ce ton et alors je Le vis ricanner un peu en me repondant, je Crus (ne pensant pas plus qu’il put me faire des Compliments La dessus qu’au grand tiers) qu’il rioit de La pensée qu’il avoit Manqué L’epouser, point du tout, C’est qu’il me disoit, il est Certain qu’elle est jolie mais j’en vois une actuellement qui L’est bien davantage & &. Lancon qui etoit auprès de moi et qui voyoit que je n’entendois pas puisque je repondois d’une toute autre Maniere etouffoit d’envie de rire si bien qu’elle fut obligée de quiter sa place. ma Chere, Cette histoire M’a Mise d’une humeur diabolique puisqu’on doit me trouver bien imbecille Mais en même tems je ris du depit qu’a du avoir Ce pauvre homme de voir ses Compliments perdus. puisque j’en suis à L’article des Conquêtes il faut que je te racconte Celle qui j’ai faite Chez Mde Dublanc ou j’ai été avant hier Cela te fera dire encore plus que jamais que [. . .] tous Les sots m’aiment à La folie Cependant je te prie de Croire que Celui dont je viens de te parler est un elegant du premier ordre aussi mon petit amour propre n’est pas peu flatté de voir que malgré Mon negligé on [. . .] fait plus d’attention à Moi qu’a Ces dlles qui sont avec des guirlandes de fleur sur Les cheveux, des Chapeaux de la derniere élégance avec des plumes & & Mais revenons a notre histoire. j’ai donc été L’autre jour Chez Mde Dublanc [. . .] ou il y avoit trois ou quatre italiens, son fils, [. . .] Deux francais, La Pte Beaufort, jenny et moi. pendant Le diner il a pris fantaisie a un de Ces françois, fort Laid ayant L’air de 40 a 45 ans de me faire parler, on Lui a dit qu’il n’avoit qu’a faire semblant d’être aristocrate et que surement il me feroit disputer. effectivement Le voilà qui dit 3 ou 4 Choses Contre L’assemblée, et a force de me [. . .] Chercher querelle je reponds et nous nous disputons tout Le reste du diner. en sortant de table tout Le Monde se Mit a rire et a me dire que Ce Mr etoit plus democrate que Moi Mais qu’il n’avoit fait Cela que pour me faire parler. je plaisante beaucoup La dessus et je fais semblant d’être fachée. voilà Ce Mr qui se met a me suivre et a me dire qu’il veut absolument que nous ayons encore une autre Conversation—nous avons parlé de L’aristocratie de L’esprit parlons a present de Celle du Cœur=je n’entends rien a Cela mr et en même tems je me Levai pour me placer ailleur, il Court après moi me prend Les mains et se met encore a me repeter La même question, je Lui fis La même reponse et je voulus me placer ailleur, il Courut encore après Moi, Mais Comme du blanc se Mit à Chanter Cela nous interrompit pour un instant—La musique finie, Le voila encore qui revient, vous ne voulez donc pas parler avec Moi que vous êtes desesperante. tenez je suis sure que vous êtes plus froide que Le bord d’un puit que jamais vous n’avez rien aimé—Cela se peut—parlons du divorce—je ne suis pas Mariée ainsi je n’y entend rien—vous dites que je suis faux C’est vous qui L’êtes vous ne voulez pas dire un seul [. . .] Mot permettez moi de vous aller voir—Cela ne se peut pas—enfin dites moi a quoi vous pensez Le plus souvent—a étudier—quelles sont Les pensées qui vous viennent pendant que vous étudiez—Croyez vous que je vais vous faire ma Confession? [. . .] pendant toute Cette Conversation je Changeois de place a Chaque instant pour tacher de L’eviter ainsi que deux ou trois autres hommes qui M’entourroient en même tems que Lui mais Cela ne M’etoit pas possible il revenoit tout de suite auprès de moi Ce qui faisoit Mourir de rire Mde Dublanc La Pte et Moi qui dans Les Commencements prenoient tout en plaisanterie. enfin après qu’on eut encore Chanté 2 ou 3 duos il me demande est-ce La votre Manchon? oui—que je voudrois bien être à sa place! je vous pris mon air serieux a Ce joli Compliment et je m’enfus. pour Le Coup il ne me suivit pas. une heure après il vint d’un air assez deconcerté me demander si je voulois faire La paix je ne Lui repondis pas et je Lui tournai Le dos avec un air si froid que Le pauvre homme n’a pas osé me regarder du reste de La soirée.=on fait un tapage à L’assemblée nationalle dont tu ne te fais pas d’idée Ces mrs se disent des sottises quelques fois a peu près Comme des porte faix, [. . .] Le Vte de Mirabeau surtout [. . .] est pire que Les autres, il pretend que Les democrates sont des poltrons qui ne veulent pas se battre—L’autre jour il fut question à La seance du soir du parlement de rennes qui refusoit d’enregistrer Le decret de L’assemblée qui lui ordonne de rester en vacance. on fit differentes Motions pour Le punir je ne sais trop a propos de quoi Le vte de mirabeau [. . .] se Leve et donne un dementi à un deputé, on Le rappelle à L’ordre il n’en Cria que plus fort et finit par envoyer jusqua ses amis se faire f… en propres termes alors tout Le Monde se Mit a Crier qu’il falloit Le chasser de L’assemblée, Les autres qu’il fut exclus seulement de Celle du soir. D’autres diront qu’ils Lui pardonnoient parsceque il etoit Clair qu’il n’etoit pas dans son bon sens, enfin il fut traité fort desagreablement il s’est battu Le Lendemain avec Le chevalier de tour Maubourg qui L’a bléssé [. . .] Legerement à La poitrine, on dit qu’après sa guerison il doit se battre au pistolet avec Le duc de Liancourt et qu’il faut qu’un des deux reste sur La place. Le Cte Charles de Lameth a de son Coté Bléssé Le Chevalier de La Bourdonnaye dans trois endroits je ne sais pas encore La verité de Ce qui a donné Lieu à Ce dernier duel. Mais je suis toujours enchantée que Ce soyent soit Les aristocrates qui aient été bléssés pour Leur apprendre une autre fois a menager Leurs propos et a ne pas mepriser des gens plus adroits qu’eux qu’eux=je t’envoye Le récit d’une scene affreuse qui s’est passée à Senlis=nous avons actuellement Le Couvent Mieux Composé que jamais, nous avons entrautre une femme qui a été enfermée par Lettre de pe[. . .] petit Cachet il y a près de 2 ans pour une histoire qui a Couru paris au point que [. . .] elle N’oseroit pas aller au spectacle, nous en avons une autre pire que Mde F… deux ou trois qui plaident en separation & dans Le dehors il en vient une Comme encore dans paris pour ne plus se soucier de rien nous en avons une autre d’abbeville qu’on a priée de sortir (Comme si Les autres valoient Mieux) et qui s’en va au Mois d’avril, il est arrivé une bonne histoire a Cette derniere qui est femme d’un juif. il y avoit un jeune homme de Montreuil qui Lui plaisoit beaucoup et qui alloit souvent La voir un jour son mari revint de La Campagne de meilleure heure qu’on ne L’attendoit Ce jeune homme n’eut que Le tems de sauter par La fenêtre dans La rue, imagines toi quelle plaisante Chose C’etoit De Le voir Courir [. . .] Dans La rue en chemise son épée dans sa main, tu peux penser Le bruit que Cela fit

editors’ translation

Monday 21 December [1789]

I told you, my dear, that I had made two conquests the other day. I had only spoken to one of them, and about quite unimportant things. Lançon just told me something really good. It is that he was killing himself paying me compliments and I never noticed it.==I have told you several times that I do not always hear everything that people tell me, but that as soon as I hear one word of a sentence, I answer right away instead of making people repeat it, which can sometimes lead to amusing digressions. That is what happened to me the other day. I was talking to this gentleman about a lady we have here, to whom he had proposed 2 or 3 years ago, and I was telling him that she was very beautiful, very nice, etc., etc. I thought that he answered yes, but his manner proved, however, that he did not find her so charming, but only neither good nor bad. I continued speaking in that vein, and then I saw him sneer a bit in answering me. I believed (not thinking that he could be complimenting me above all others about that) that he was laughing at the thought of having almost married her. Not at all! What he was telling me was that “It is certain that she is pretty, but presently I see one who is far prettier,” etc., etc. Lançon, who was near me and saw that I had not understood, since my answers were quite mistaken, was choking with laughter, so much so that she had to leave. My dear, this story put me in a diabolical mood, since people must find me quite stupid. But at the same time I laugh at the disappointment that this poor man must have felt seeing his compliments go to waste. Since I am on the subject of conquests, I must tell you about one I made at Mde Dublanc’s, where I was the day before yesterday. This will make you say again, more than ever, that all idiots are madly in love with me. I beg you to believe, however, that the person of whom I just spoke is a gentleman of the first order, so that my self-esteem is more than a little flattered when I see that, despite my casual attire, I draw more attention than those young ladies with flower garlands in their hair, feathered hats in the latest fashion, etc., etc. But let us come back to our story. I went the other day to Mde Dublanc’s, where there were three or four Italians, her son, two Frenchmen, Little Beaufort, Jenny, and me. During dinner one of these Frenchmen, very ugly and looking to be 40 or 45, fancied he would make me talk. He was told that he only had to pretend to be an aristocrat to surely get me into an argument. Indeed he proceeded to say 3 or 4 things against the Assembly, and he tried so hard to get me going that I answered, and we quarreled until the end of dinner. As we were leaving the table everybody started to laugh and told me that this gentleman was more of a democrat than I, and that he had played his part only to get me to talk. I joked a lot about it and pretended to be angry. Then this gentleman starts following me and telling me that he absolutely wants another conversation with me—“We spoke of the aristocracy of the mind. Let us now talk about that of the heart”=“I do not know anything about that, Sir,” I said, and at the same time I got up to go somewhere else. He runs after me, takes my hands and starts repeating the same question. I gave him the same answer and wanted to go elsewhere. He ran after me again, but we were interrupted for a short time by Dublanc, who had started to sing—Once the music ended, he was back again, saying, “so you really do not want to speak to me; you are so discouraging. You know, I am sure that you are colder than the edge of a well, that you have never loved anything”—“That might be”—“Let us speak about divorce”—“I am not married, so I know nothing about that”—“You say that I am false. It is you who are so. You do not want to say a single word. Allow me to visit you”—“That cannot be”—“Well, tell me what you think about most often”—“Studying”—“What are the thoughts come to you as you are studying?”—“Do you think that I am going to make my confession to you?” Throughout this conversation I moved constantly from one place to another, trying to avoid him as well as two or three other men who surrounded me at the same time. But it was impossible. He would come back after me right away. At first this made Mde Dublanc, the Little One, and me die of laughter, as we thought it was all a joke. Finally, after 2 or 3 more duets were sung, he asked me, “Is that your muff?” “Yes”—“How I would like to be in its place!” With that pretty compliment I put on my serious face and left. For that blow, he did not follow me. An hour later he came with an air of discomfort to ask me if I wanted to make peace. I did not answer him and turned my back to him with a look so cold that the poor man dared not look at me for the rest of the evening==You have no idea of the racket at the National Assembly. Those gentlemen sometimes utter stupidities more or less like those of porters. The vicomte de Mirabeau, especially, is worse than the others. He claims that the democrats are cowards who do not want to fight—At the evening session the other day, the subject was the refusal of the parlement of Rennes to register the decree of the Assembly that ordered it to stay on holiday. Different motions were presented aiming at punishing it. Then, I really do not know why, the vicomte de Mirabeau got up and gave the lie to a deputy. He was called to order but only shouted louder. He finished by telling even his friends to go get f…, in exactly these terms. Then everyone started shouting, some saying that he had to be thrown out of the Assembly, or at least out of the evening session. Others were saying that they forgave him, because he was clearly not in his right mind. All in all, he was treated very disagreeably. The next day he fought with the comte de La Tour-Maubourg, who wounded him slightly in the chest. It is said that after he recovers he must fight the duc de Liancourt to the death in a pistol duel. As to the comte Charles de Lameth, he has wounded the comte de La Bourdonnaye in three places. I still do not know what truly led to this last duel, but I am always delighted when it is the aristocrats who have been wounded. It should teach them that, the next time, they should hold their tongues and not scorn people who are more skillful than they==I am sending you the story of a horrible scene that took place in Senlis==The convent presently has the best composition ever. Among others, we have a woman who has been confined here by order of a lettre de cachet, following a story that made the rounds in Paris, to such an extent that she dared not go out. We have another one worse than Mde F., two or three women pleading for separation, etc. And as it happens in Paris, another one came to stay here to give up worldly cares. We have another one from Abbeville who was asked to leave (as if the others were any better) and who goes away in April. What happened to this last one, who is the wife of a Jew, makes for a good story. There was a young man from Montreuil who liked her very much and who went to see her often. One day her husband came back from the country earlier than expected. This young man only had time to jump out the window into the street. Imagine how amusing it must have been to see him run in the street in his shirt, his sword in his hand. You can imagine the sensation it caused

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RC (ViCMRL, on deposit, ViU: Botidoux Letters, # 5385-aa); partially dated; quotation marks in translation editorially supplied. Enclosure not found. Translation by Dr. Roland H. Simon.

dlle: “demoiselle.”

1Manuscript: “Compliment.”