Marie Jacinthe de Botidoux to Martha Jefferson Randolph

Je ne pourrai jamais te peindre Mon Etonnement Chere Jeff En recevant En recevant il y a deux Mois ta Lettre du mois de Mars dernier. Ladresse que tu avois mise hotel De Noailles, que j’ai quitté il y a Dix ans, La datte qui d’abord étoit de 1800, tout Me faisoit Croire que c’étoit un rêve et je fus plus de 24 heures a M’en remettre. tu ne Mériterois pas que je te dise Le plaisir que Cette Lettre Me fit, en Lisant La premiere pâge j’oubliai que depuis 20 ans tu ne m’avois pas Ecrit un seul Mot, je Crus que C’etoit une Lettre Egarée depuis 10 ans et je fus plus de Cinq minutes a Me Déséspérer pensant que tu me Croirois toujours fâchée & Enfin Machinalement je tournai quelques feuilles et je vis alors La date de 1809 qui me Consola un peu du retard que Cette Lettre avoit Eprouvée. tu peux faire Compliment à Mr Coles Sur Son éxactitude. je ne Conçois pas Comment il a réussi a me La faire parvenir, il faut qu’il M’ait nommée à toutes Les personnes qu’il a vues à paris.

je ne te ferai point de reproches Car je pense que tu dois réellement t’en faire beaucoup à toi même d’avoir été 20 ans retenue par [. . .] un Sot amour propre. Comment as tu pu en avoir vis a vis De Moi qui t’Ecrivois Sans prétention et qui Ecris très Mal? Surement Ma chere je te dirai que ton amitié étoit bien faible pour être [. . .] Moins forte que des prétentions. Comment Surtout, ne pensois tu pas à La peine que tu me faisois en ne M’Ecrivant pas? je vais bien t’Expliquer pourquoi ton amour propre n’est plus si fort maintenant. pendant que tu L’on est jeune on S’amuse de tout et Les amis ne Sont pas nécéssaires à notre bonheur, Mais à un Certain âge on Sent Le vide de toutes Ces folies et on S’apperçoit que Le peu de jouissances qui Existent en Cette vie Sont dans une Société intime ou on puisse dire Ce qu’on pense et Ce qu’on Sent, tu en Es venue à Cet âge Chere Jeff. voila pourquoi j’ai fini par L’emporter Sur ton amour propre au reste Ma Chere tu as verifié Le Vers=L’esprit qu’on veut veut avoir gâte Celui qu’on a=je t’assure que ta Lettre Depuis 1809 est bien mieux Ecrite que tes anciennes ou tu voulois Mettre de L’esprit, elle est Surtout Ecrite en bien meilleur francais. Ce n’est pas La première fois que Cela est arrivée aux gens a prétentions, ainsi Ma Chere Ecris moi tout bonnement Et je t’assure que tes Lettres y gagneront. Sans Compliment tu Ecris trés bien Le français, beaucoup mieux que je ne pourrois Ecrire L’anglais. Si tu appelles Cela avoir oublié Le francais, je voudrois bien avoir ton ignorance pour L’anglais dont a peine je pourrois dire quelques phrases Maintenant quoique je Le Lise passablement bien Si tu prefères M’Ecrire en anglais Cela M’est indifférent je Le préférerois Même, Cela Mettroit ta paresse plus a [. . .] L’aise et je t’assure Comme je te Le dis je Lis L’anglais Comme Le francais. tu vois que je ne garde pas trop rancune Contre un oubli de 20 ans Seulement Mais fais bien attention que C’est a Condition qu’a présent tu M’Ecriras Longuement pour me dédommager du tems passé. je veux que tu me dises Comment tu passes tes journées, quels sont Les usages de ton pays, La Destr Déscription de ta Campagne je Suis folle de La Campagne Surtout des pays de Montagnes C’est La ou Sont Les belles vues, Les paysages romantick &c. Donne moi donc beaucoup de details La dessus et quand on pourra Comodément voyager en ballon, j’irai te faire une visite=Cependant avant de te pardonner tout à fait Le passé il faut que tu me fasses ta Confession Sur un article qui me tient bien au Cœur=dans Les Commencements tu Ecrivois aux Ladies tufton, Ce qui par parenthése prouve que tu N’avois pas d’amour propre pour tout Le monde Et Cependant tu aurois du en avoir plus pour elles que pour Moi, Mais Ce N’est pas La L’Essentiel, L’essentiel pour Moi C’est que tu Ecrivois à une d’elles, que tu avois reçu mes Lettres &c. Mais que tous Ces détails de panthemont t’ennuyoient &c &c —je veux que tu me fasses La Dessus une Conféssion franche. je t’avoue que jusqu’au Moment ou j’appris Cela j’avois Conservé pour toi mes anciens Sentiments, mais que depuis Cette Epoque je changeai totalement et ne pensai plus à toi avec plaisir. je vis alors De La fausseté dans ta Conduite vis a vis de moi, D’autant plus que Lorsque je parlois de notre Liaison à paris on avoit L’air de me dire que je me trompois Sur tes Sentiments &c &c que tu t’Etois moquée de moi Dès paris &c &c &c —Si bien que je finis par dire=alors Jeff. étoit fausse=fais moi donc une Confession entiére La dessus==

J’en viens maintenant aux Détails que tu me demandes=je ne Crois pas avoir rien de nouveau a te mander sur nos anciennes Connoissances. Hawkins est toujours à sa Campagne et je Suppose toujours La même—je ne L’ai pas vue Lors de mon Dernier voyage à Londres. je n’ai plus entendu parler de Norton depuis Sa sortie de panthemont, elle avoit pourtant Eu d’abord une belle passion pour moi puisquelle restoit Sur L’escalier des heures Entières Seulement pour me voir passer; C’est dans Le genre anglais=est-ce à L’isle de Madére qu’est Son Mari?—

Je fus en angleterre il y a 5 a 6 ans au moment de La paix. j’y restai 2 ans et demi. j’y vis beaucoup Les deux Ladies tufton. Caroline tu sais est mariée a un Mr Barham.—Elisabeth n’est point mariée. C’est Celle que j’aime Le mieux et C’est Celle que j’ai vu Le plus Souvent Quand à D’aschood j’étois en angleterre Lors de son fameux procès qui me fit bien rire et m’etonna quoique je Susse que D’aschwod Étoit une folle. Mais on n’a reellement pas D’idée qu’on puisse avoir L’impudence de Soutenir un procés Semblable. il faut absolument que par La première occasion tu m’envoyes un Exemplaire de Sa vindication et une Copie de Sa Lettre à ton père. il n’y a point de roman qui puisse Se Comparer à La vie de Cette Daschwod aussi par pénitence du passé Copie Moi Cette Lettre à ton père et ne Manque pas de Me L’envoyer avec the=vindication of Mrs Lee by herself=Certainement que Ce procès La perdue de rèputation. immagine toi quelle s’etoit faite enlever par Mr Gordon, Soi disant on L’avoit fait de force, mais réellement D’accord avec elle même, Les domestiques qui n’étoient point au fait Coururent chez Le juge de paix. juger quelle Nouvelle? Mrs Gordon avoient enlevé de force the Beautiful Mrs Lée. Sa Cuisinière avoit voulu s’y opposer Mr Gordon L’avoit menacée de Lui [. . .] bruler La Cervelle &c &c. Voila Le juge de paix qui envoye Des Constables Courir après Les ravisseurs. on Les attrappe à 80 miles de Londres très tranquilles dans une auberge. alors1 Le procés se Commence. d’un Côté La vertueuse Beautifull Mrs Lée se plaignant de La violence qu’on Lui avoit faite et de L’autre Messieurs Gordon qui ne Couroient que Le risque D’être pendus pour rapt. point du tout C’est qu’ils prouvérent que Cette prétendue violence etoit d’accord avec Mrs Lée. Celui qui avoit Été Son amant fit une brochure pour Se justifier ou il racconta tout Ce qui S’étoit passé entre Mrs Lee et Lui depuis Le Commencement de Sa Connoissance avec elle jusqu’au jour ou ils furent arrêtés. Ma Chere tu ne peux te faire une idée du mépris Général qui tomba Sur Mrs Lee. je ne Crois pas qu’il y ait jamais Eu un procés de Ce genre, pendant plus de 3 mois il ne fut question que de Mrs Lée en Chansons, Caricatures &c et En vérité elle Le Méritoit bien. encore une fois envoye Moi Sa Lettre et Sa vindication &=

j’en aurai pour un Mois d’amusement.=tu te trompes bien Ma chere En pensant que je ne me Suis point mariée parceque je m’amusois à paris

je ne Me Suis point Mariée parceque je n’ai point trouvé La Chimére que je m’etois Mise en tête. je voulois que mon mari fut Mon ami Conséquemment qu’il Eut La même facon de Sentir et de penser que moi C’est a dire que je voulois trouver Le bonheur dans Cette vie, Ce qui est impossible. je ne me Suis donc point Mariée parceque je n’ai aimé personne. je Sens depuis Longtems Les désagrements de vivre Seule, mais je regarde autour de moi et je vois que Les Gens Mariés en Éprouvent de différents plus difficiles a Supporter puisqu’en Se Mariant ils ont du Compter Sur plus de bonheur J’ai donc pris Mon parti et tout Calcul fait je vois que Les Désagréments de Chaque Etat Sont Compensés par des avantages qui Lui Sont propres. je il me Semble que si j’avois Été mariée je n’aurois pas pu Supporter une médiocrité de bonheur==

dans Mon Etat je Sais que je ne puis Être que Ce que je Suis==

a ne regarder ma Situation que philosophiquement je ne Changerois Mon sort Contre Celui de personne au monde, j’ai Ensuite un avantage qui ne peut pas S’apprécier, Celui de La religion=Je Crois être dans La Situation ou dieu me veut je Sais que tout Ce qui nous arrive est par Son ordre et pour notre plus grand bien dans L’autre monde, je ne regrette donc plus Cette Chimère de bonheur que je M’étois faite et qui ne pouvoit pas plus Exister pour moi que pour Les autres puisque Le bonheur n’est pas de Cette vie=du reste je ne profitte point des prétendus plaisirs de paris, qui ne sont plaisirs que quand on a 15 ou 18 ans. je vis assez retirée, je ne vais point dans Ce qu’on appelle Le monde je vois seulement quelques anciennes Connoissances chez Lesquelles je vais Sans toilette Et Sans façon==

j’en reviens toujours a te dire de M’Ecrire Longuement Et En Echange je te promets de t’Ecrire par toutes Les occasions que je trouverai. pense que je n’ai point vu Mr Coles que Conséquemment je ne sais rien de tout Ce qui te regarde Depuis 20 ans. Commence donc par Le Commencement C’est a dire par ton arrivée En amérique, ton mariage tes enfants &c—je t’envoye Cette Lettre Ci par Le Génèral armstrong qui fait partir un vaisseau En très peu de jours. je Lui demande s’il veut faire passer un petit paquet de Livres à Mr Madisson. Ce Sont Les Commentaires de Cesar nouvellement traduits par mon frére Et que j’envoye à ton père et à ton Mari=dis à ton père que je Suis bien flattée qu’il ne M’ait pas oubliée tu sais que ton père est Mon admiration depuis plus de 20 ans ainsi tu M’as fait grand plaisir de Me dire qu’il se rappelloit de moi. je reconnus son portrait sur Le Champ. dis à ton Mari que je Le remercie de Sa bonne opinion. que je perdrois beaucoup a Etre Connue que Cependant je Sacrifierois volontiers Ce petit amour propre au plaisir de faire Sa Connoissance. [. . .] réellement Ma Chere je voudrois pouvoir Connoître toute ta famille et toi avec quel plaisir je t’Embrasserois!—

je t’enverrai de La Musique par une autre occasion. depuis La révolution j’ai quitté Ma harpe. je te chercherai de jolis airs chez Mes amies=voici une fantaisie qui me passe par La tête en Ecrivant=C’est d’avoir une palatine en belle fourure=

tu sais qu’une palatine est une bande Large Comme La main Longue de deux aunes2 qu’on met au Cou. si donc ton pays Est Celui ou Les Sauvages portent Leurs belles fourures Envoye Moi dequoi en faire une. Mais Si Ce n’est pas Dans ton pays quelles se trouvent n’y pense plus Car C’est reellement une fantaisie de ma part

adieu chere Jeff. je t’embrasse et t’aime Comme autrefois Mais a Condition que tu ne seras plus parésseuse

Ecris moi en anglais pour être Moins gênée

editors’ translation

I will never be able to describe my astonishment, dear Jeff, on receiving two months ago your letter of last March. The address you had used, Hôtel de Noailles, which I left ten years ago, the starting date of 1800, everything made me think that it was a dream, and it took me more than 24 hours to get over it. You do not deserve for me to tell you how much pleasure this letter gave me, reading the first page, I forgot that you had not written me a single word for the past 20 years. I thought this letter had been lost for 10 years, and worried for more than five minutes that you would believe me still angry, etc. Then, I turned a few pages absentmindedly and saw the date was 1809, which consoled me a little for the delay in the delivery. You must compliment Mr Coles for his fastidiousness. I cannot imagine how he succeeded in having it delivered to me. He must have mentioned my name to every person he saw in Paris.

I will not reproach you, because I think that you really must be reproaching yourself very much for having been held back for 20 years by a silly pride. How could you feel that way with me, who was writing you unpretentiously and who writes very badly? Surely, my dear, I will tell you that your friendship was rather weak if it was not as strong as your pretensions. Above all, how could you not think about the sorrow you gave me by not writing to me? I am going to give you a good explanation as to why your self-esteem is no longer as strong now. When we are young, we find everything amusing, and friends are not necessary to our happiness. But at a certain age, we feel the emptiness of all those follies, and we realize that the little pleasures of this life occur in an intimate circle where we may say what we think and feel. You have reached that age, dear Jeff, and this is why I ended up prevailing over your pride. Besides, my dear, you have proven true the verse: “The spirit we wish for spoils the one we have.” I assure you that your letter of 1809 is much better written than the old ones, in which you wanted to impress with your wit. It is, above all, written in much better French. This is not the first time this has happened to pretentious people, so, my dear, write to me with simplicity, and I assure you that your letters will gain from it. Without flattery on my part, you write very well in French, much better than I could write in English. If you call that forgetting your French, I would like to be as ignorant when it comes to English, in which I could hardly speak a few sentences nowadays, although I read it fairly well. I do not mind if you prefer to write me in English. I would even prefer it. That would be easier on your laziness and, as I am telling you, I read English as well as French. You see that I do not hold too much resentment for a mere 20-year forgetfulness. But, beware, this is on the condition that you will now write to me at length, to compensate me for the past. I want you to tell me how you spend your days, what are the customs of your country. I want you to describe the countryside around you. I am mad about the countryside, especially mountainous regions. It is where the most beautiful views are found, romantic landscapes, etc. Give me plenty of details about that, and when we can travel comfortably in a balloon, I will visit you=However, before I completely forgive you for the past, you must make a confession regarding one thing that weighs heavily on my heart=At the beginning, you wrote to the ladies Tufton, which, incidently, proves that you were not self-conscious with everyone. And yet, you should have been more so with them than with me. But that is not the most important. What is essential for me is that you wrote to one of them that you had received my letters, etc., but that you were tired of all those details about Panthémont, etc., etc.—I want you to make a frank confession about that. I admit that I had kept my old feelings for you until learning about it, but that since then I totally changed and did not think of you with pleasure. I saw then that there was something false in your conduct with me, all the more since, when I spoke about our attachment in Paris, people seemed to say that I was wrong about your sentiments, etc., etc., and that you had laughed at me as early as our time in Paris etc., etc., etc. And so I ended by saying: “So, Jeff was false”=I want your full confession on that==

I now come to the details that you asked for=I think I have nothing new to tell you about our old acquaintances. Hawkins is still in her country house, and I suppose she remains the same—I did not see her during my last trip to London. I have not heard more of Norton since she left Panthémont. Yet she had quite a passion for me, since she would stay on the stairs for hours only to see me go by. That is the English way=Is it in the Island of Madeira that her husband lives?—

I went to England at the time of the peace, 5 or 6 years ago. I stayed there for two-and-a half years. I saw the two ladies Tufton very often. Caroline, as you know, is married to a Mr Barham.—Elizabeth is not married. She is the one I like the best, and the one I saw most often. As to Dashwood, I was in England at the time of her famous trial, which made me laugh a great deal and astonished me, even though I knew that Dashwood was mad. But it is impossible to imagine that someone would have the impudence to persist with such a case. You absolutely must send me a copy of her vindication and a copy of her letter to your father at the first opportunity. There is no novel that could compare with Dashwood’s life. So, as penance for the past, copy that letter to your father and do not fail to send it to me along with the “vindication of Mrs Lee by herself.” This trial has certainly ruined her reputation. Can you imagine that Mr Gordon abducted her, allegedly by force, but in reality with her agreement. Her servants, who were not apprised of the scheme, ran to the justice of the peace. To judge what? That the Messrs Gordon had forcefully abducted the beautiful Mrs. Lee, her cook had tried to stop them, Mr Gordon had threatened to blow out her brains, etc., etc. And so the justice of the peace sent the constables after the abductors. They caught up with them 80 miles from London, all cozy in an inn. Then the trial began. On one side, the virtuous, beautiful Mrs. Lee complaining about the violence done to her, and on the other, the Messrs Gordon, who only ran the risk of being hanged for kidnapping. But no! It so happens that they proved that the alleged violence had been done in concert with Mrs. Lee. In order to justify himself, the one who had been her lover wrote a pamphlet in which he told everything that had happened between Mrs. Lee and him from the beginning of their acquaintance to the day of their arrest. My dear, you can have no idea of the widespread scorn that fell upon Mrs. Lee. I think that there never was such a trial. For more than 3 months there was no other topic but Mrs. Lee, in songs, caricatures, etc. and, to be true, she quite deserved it. Again, send me her letter and her Vindication=It will give me enough fun for a month.=

You are very wrong, my dear, to think that I did not marry because I was having fun in Paris. I did not marry because I did not to find the dream I had planted in my head. I wanted my husband to be my friend and, consequently, to feel and think like me. That is to say, I wanted to find happiness in this life, which is impossible. Thus, I did not get married because I did not love anyone. I have long felt the discomforts of living alone, but I look around and I see that married people suffer different discomforts that are more difficult to bear, because they were expecting greater happiness after marriage. Thus I have accepted my lot and, everything considered, I see that the disadvantages of each state are compensated by their respective advantages. I think that, had I married, I could not have endured a mediocre happiness=In my situation, I know that I can only be what I am=Looking at my condition strictly from a philosophical point of view, I would not trade my lot for anyone else’s in the world. I also have an advantage that cannot be overly appreciated: that of my faith=I believe I am in the situation where God wants me to be. I know that everything that happens to us is ordained by him for our greater good in the afterlife. Therefore I no longer regret the illusion of happiness that I made up for myself, which could exist no more for me than for others, since happiness is not of this life=Besides, I do not take advantage of the so-called pleasures of Paris, which are pleasures only when one is 15 or 18. I live a rather secluded life. I do not mingle with so-called high society. I meet with only a few old acquaintances whom I visit without dressing up and without pretense==

I always come back to my telling you to write me at length, and in exchange I promise to write to you whenever I have an opportunity. Just imagine that I have not seen Mr Coles and therefore have known nothing about you for the past 20 years. So, start at the beginning, that is, with your arrival in America, your marriage, your children, etc.—I am sending you this letter in care of General Armstrong, who is dispatching a vessel in a very few days. I will ask him if he is willing to convey a small package of books to Mr Madison. They are Caesar’s commentaries newly translated by my brother, which I also send to your father and your husband=Tell your father that I am quite flattered that he has not forgotten me. You know that he has been my idol for more than 20 years, and so your saying that he remembered me gave me great pleasure. I immediately recognized him in his portrait. Tell your husband that I thank him for his good opinion of me, which I would lose if he knew me, and that I would nevertheless gladly sacrifice this little pride for the pleasure of making his acquaintance. Truthfully, my dear, I wish I could know everyone in your family, and you, how much pleasure I would have in kissing you!—

I will send you some music on another occasion. I have given up my harp since the revolution. I will look for pretty tunes for you at my friends’ places=Here is a fancy that comes to mind as I write=it is to have a palatine of beautiful fur=As you know, a palatine is a wrap the width of a hand and two aunes long that one wears around the neck. So, if you live in an area where the natives wear their beautiful furs, send me enough to make one. But if there are none in your area, think no more about it, for it is really a fancy on my part

Farewell, dear Jeff. I kiss you and love you as in the past, but on condition that you will no longer be lazy. Write to me in English, so that you will be less embarrassed

RC (ViCMRL, on deposit, ViU: Botidoux Letters, # 5385-aa); addressed: “Mrs Randolph & at Monticello Virginia.” Quotation marks in translation editorially supplied. Translation by Dr. Roland H. Simon.

l’esprit qu’on veut avoir gâte celui qu’on a is from Le Mèchant (1747), a comedic play by Jean Baptiste Louis Gresset. Rachel Fanny Antonina Dashwood (d’aschood) Lee (ca. 1773–1829) separated from her husband Matthew Allen Lee in early 1796, after less than two years of marriage. Dashwood Lee then lived with friends in Manchester and London, but soon became entangled with Loudon Gordon and Lockhart Gordon, brothers she had met several years earlier. In 1803 she left her London residence in the company of the Gordon brothers and when authorities caught up with them, the Gordon brothers were arrested. Whether Dashwood Lee was carried off by force or fled with them willingly was at the center of the brothers’ sensational trial (fameux procès) that took place in March 1804. Dashwood Lee’s defence was to have been that she was “ignorant of English ways” and had believed herself in mortal danger if she had not complied. But when she stated that she was not a Christian and thus could not take the oath, she was unable to testify. The Gordon brothers were censured and acquitted, and soon afterward Loudon Gordon produced a brochure entitled An Apology for the Conduct of the Gordons, containing the whole of their Correspondence, Conversation, &c with Mrs. Lee, revealing Dashwood Lee’s complicit role in the “elopement.” In 1807 she wrote her own pamphlet, A Vindication of Mrs. Lee’s Conduct toward The Gordons. Later that same year, Thomas Jefferson wrote to Martha Jefferson Randolph, “I send you a letter (lettre) & a pamphlet from your old acquaintance Dashwood, now mrs Lee, who you will percieve not to have advanced in prudence or sound judgment. return me the letter if you please, as I may perhaps answer it, if from a perusal of the pamphlet I find it worth while. I have not yet read it. She sent me a dozen copies” (Oxford Dictionary of National Biography; Thomas Jefferson to Martha Jefferson Randolph, 12 Oct. 1807 [NNPM]).

Botidoux’s brother (mon frére) Jean François le Deist de Botidoux published Les Commentaires de César; Traduction Nouvelle in Paris, 1809. Randolph enclosed her early March 1809 letter to Botidoux in another to her father Thomas Jefferson, and asked him to enclose a copy of the portrait “by St Memin” (seen here), knowing that Botidoux’s “respect and affection for you will make it most grateful to her” (Randolph to Jefferson, 2 Mar. 1809 [MHi]).

1Manuscript: “alurs.”
2Manuscript: “aud.”