Etienne St. Julien de Tournillon to Nicholas P. Trist

Enfin, mon cher trist, j’ai le plaisir de Vous annoncer, par cette présente, L’envoi De Votre Sabre et De Votre épée, par le navire phoebé ann, ci-Joint Vous En trouverez le Connaissement: comme La Caisse qui renferme ces objets a été Sujette depuis Son départ De France à plusieurs inconvénients; j’ai fait prendre toutes les précautions nécéssaires pour que dans le trajet qui lui reste à faire elle parvint Sans délai à Sa destination; j’espère Donc qu’avant peu Vous serez en possession de ce qu’elle renferme: Vous trouverez également dans cette boïte ou caisse divers petits objets qui Vous Sont destinés, ne jugez point de Leur mérite par leur Valeur mais Seulement par L’intention qui a dirigé Vos parents dans ce faible envoi: nous habitons un pays où Souvent avec la meilleure Volonté du monde on ne peut Se procurer ce que L’on Désire; et et Dans cette occurrence, tel a été précisément notre cas.

j’ai bien reçu, dans Son tems, votre lettre Du 15. 9bre ul. Elle nous annonçait une lettre Dont devait être porteur L.L. il paraît que ce monsieur ne S’est point encore montré Sur le Sol humide de La Louisiane1; c’est ce que paraît semble [. . .] Désigner le Silence ou nous Sommes à cet égard.

Les Srs Debuys et longer m’ont fait parvenir les quatre Barils de pommes et la petite Boëte renfermant les ouvrages que Vous nous avez envoyés destiniez et que nous avons divisés d’âprès Vos desirs: recevez nos Sincères remerciments et notamment ceux du frère et de la Soeur pour les pépins qu’ils ont trouvés et qu’ils trouvent journellement délicieux: ma Seule Crainte est, que L’achat de ces objets n’ait un peu dégarni votre bourse. Vous devez avoir touché les $100. que je Vous annonçais avoir fait Compter En ville à mr W. nott et qu’il a eu pour laquelle Somme il Vous a fait tenir un chek ainsi qu’il appert par Sa lettre à votre maman Du 20. Du Ct, celle qu’il Vous adressait Et renfermait le d. chek était Du 13. Decembre ul.—Depuis je Vous ai fait passer un coupon d’un billet de 100. de La Banque des E–U. aussi-tôt que Vous m’en aurez accusé réception je Vous enverrai incontinent L’autre coupon, mandez-moi Si Vous avez besoin d’autres fonds.

j’ai pris, mon Cher trist, Communication de Votre Lettre Du 25. 9bre ul., à Votre maman: malgré mes faibles connaissances dans de L’idiomes de La langue dans laquelle elle est écritte; j’ai Discerné avec plaisir que Son Style respirait le Carractère D’un homme D’honneur: je n’attendais pas moins des Sentiments dans lesquels Vous avez été elevé et que Votre maman Sait Si bien inculquer dans le coeur de Ses Enfans: âprès la grande erreur de manquer à Soi-même, je ne connais rien de Si Vil que de tromper un Sexe aimable et Sans déffense et votre manière de penser à cet égard me laisse Voir dans L’avenir La Série des heureuses années que Vous êtes En droit d’espèrer, Si toute fois la jalousie et la mechanceté des hommes ne Viennent point heurter Votre bonheur.

il paraît D’âprès votre lettre que votre intention Serait de Vous fixer pendant quelques années à La Louisiane: indépendament des désagrements qu’offre ce Séjour, mon opinion est, qu’En établissant La terre de Baton Rouge L’espoir d’y faire fortune Serait bien peu fondé: Vous vivriez Sur cette propriété et rien de plus; voyez ce que j’ai fait pendant les deux années que j’y ai demeuré; pas même mes dépenses; et je crois que Si je me fusse obstiné á à rester Sur cette terre je Serais à présent reduit ad nihilum. je ne connais d’autre moyen, d’arriver à la fortune dans ce pays, qu’en établissant une Sucrerie et la terre de Bâton Rouge ne convient point encore à cette Sorte de Culture; car indépendament des contrariétés qu’on épprouverait pour le transport des Sucres: je crois que le pays est encore trop neuf, je Vous parle de La Situation topographique de cette terre. Le coton; la Seule Culture à laquelle vous pourriez vous livrer, est bien précaire; et il est à présumer que le prix de cette denrée deviendra annuellement plus bas; ainsi pour en revenir à mon grand cheval de Bataille, c’est du Sucre et toujours du Sucre qu’il faut faire à La Louisiane, bornant dans ce cas là, cette Louisiane aux deux rives du mississipi: aussi [j’espère qu’avant?] que vous quittiez le nord, Vous entendrez dire que je Suis devenu propriétaire de quelque bonne Sucrerie c’est à quoi je Vise, alors nous pourrions travailler Ensemble.

j’espère qu’avant la reception de cette lettre vous aurez embrassé Votre cher frère: je juge, par Sympathie, du plaisir, que Vous aurez épprouvé En vous revoyant âprès une absence de deux années: me Made trist Vient d’écrire à votre maman qu’il était parti pour philadelphie: j’ai écrit à un de mes amis qui demeure dans cette ville de Vouloir bien lui fournir les fonds qui lui Seront nécéssaires j’espère qu’il ne Se refuse point à me rendre ce Service: je vais écrire bientôt à Browse En lui envoyant une Lettre d’introduction et de crédit.

nous jouissons tous d’une parfaite Santé: je Vous écris la tête enveloppée dans deux ou trois mouchoirs à l’effet de Soulager un mal de dents qui me tourmente depuis deux jours: mais à cela près très dispos de corps et d’esprit. notre chère m. L. Va beaucoup mieux et paraît Se ressentir très peu de Son terrible accident. Julien a été enchanté des livres que Vous lui avez envoyés et depuis leur arrivée, il me Semble qu’il a un peu moins de dégoût pour dire ses Leçons. nous avons passé un Christmas éffroyablement ennuyeux un jour de L’an encore plus: quelques figures çà et Là qui Vont et qui Viennent indifféremment forment toute notre Société: En verité on devient lourd dans ce pays on est heureux de Savoir Se Suffire,

Recevez L’assurance de toute mon amitié
tournillon

editors’ translation

At last, my dear Trist, I have the pleasure of announcing to you in the present letter the shipment of your saber and your sword aboard the ship Phoebe Ann. You will find the bill of lading included herewith. Because the crate that contains these objects was subjected to several inconveniences since its departure from France, I have had all necessary precautions taken to ensure that, for the rest of its journey, it reaches its destination without delay. Thus I hope that before long you will be in possession of what it contains. You will also find in this box or crate various little objects intended for you. Do not judge their merit by their value but only by the intention that urged your parents to send you this feeble gift. We live in a land where often, even with the best intentions in the world, one cannot find what one wants, and in this instance, it was precisely our case.

I received in due time your letter dated the 15th of last November. It told us of a letter whose carrier should have been L.L., but it appears that this gentleman has not yet shown up on the wet soil of Louisiana. This is what the silence in which we find ourselves seems to mean.

The Messieurs Debuys and Longer sent me the four barrels of apples and the small box containing the works that you intended us to have and that we divided according to your wishes. Receive our sincere thanks, and notably those of your brother and sister for the seeds that they have found delicious everyday. My only fear is that the purchase of these objects may have thinned out your purse a little. You must have cashed the $100 that I told you I had given to Mr. W. Nott in town. He had a check for that sum handed over to you, as it appears from his letter to your mother, dated the 20th of this month. The one he sent you containing the check was dated the 13th of last December. Since then I forwarded to you a voucher from the Bank of the United States for a $100 bill. As soon as you acknowledge its receipt, I will send you the other voucher without delay. Tell me if you need additional funds.

My dear Trist, I read the letter you sent your mother on the 25th of last November. In spite of my poor knowledge of the idioms of the language in which it is written, I discerned with pleasure that its style suggested the character of a man of honor. I expected no less of the sentiments in which you were raised and that your mother knows so well how to inculcate in the hearts of her children. After the great failing to oneself, I know nothing as vile as misleading a lovable and defenseless sex, and your way of thinking in this regard lets me see in the future the series of happy years to which you are entitled, if, however, jealousy and the meanness of men do not hurt your happiness.

It appears from your letter that your intention might be to settle in Louisiana for a few years. Independently of the inconveniences that this place offers, my opinion is that the hope of making a fortune by settling on the land of Baton Rouge would be rather ill-founded. You would live on this property and nothing more. Look at what I made during the two years that I lived there. I did not even cover my expenses. And I believe that if I had persisted in staying on that land I would now be reduced to nothing. I know of no other means to achieve a fortune in this region than in setting up a sugar plantation, and the land of Baton Rouge does not yet lend itself to this type of cultivation, because, independently of all the nuisances that one would encounter in order to transport the sugar, I believe that the area is still too new; I am speaking here of the topographical situation of the land. Cotton, the only crop to which you could devote yourself, is rather precarious, and it is to be presumed that the price of this commodity will get lower each year. Thus, getting back to my hobbyhorse, it is sugar, and always sugar, that one must do in Louisiana, limiting Louisiana in this case, to the two banks of the Mississippi. So, I hope that before you leave the North you will hear that I have become the owner of a good sugar plantation, which is what I am striving for. Then we could work together.

I hope that before the reception of this letter you will have embraced your dear brother. I can imagine the pleasure you will have felt in seeing each other again after an absence of two years. Mrs. Trist just wrote to your mother that he had left for Philadelphia. I wrote to one of my friends who resides in that city, asking him to please provide him with the funds that he will need. I hope that he does not refuse me this favor. I will soon write Browse and will include a letter of introduction and credit.

We are all enjoying perfect health. I write you with my head wrapped in two or three handkerchiefs in order to relieve a toothache that has been tormenting me for two days. But aside from that, quite well of body and mind. Our dear M. L. is doing much better and seems to feel very little the effects of her terrible accident. Julien was delighted with the books you sent him, and since their arrival, it seems to me that he has a little less aversion to saying his lessons. We spent a frightfully boring Christmas, and a New Year’s Day even worse. Some characters here and there, going and coming indifferentely, constitute our entire social circle. It is fortunate to know how to be self-sufficient.

Receive the assurance of all my friendship.
Tournillon
RC (NcU: NPT); addressed: “N. P. Trist Cadet West Point New York”; stamped; postmarked Lafourche, 28 Jan.; endorsed by Trist: “28th January 1821 My Father.” Translation by Dr. Roland H. Simon.
1Manuscript: “Lousiane.”