Etienne St. Julien de Tournillon to Nicholas P. Trist

depuis Deux Jours, mon cher trist, je Suis à La Nlle orléans: j’ai laissé Votre maman et Julien chez me habine où je Les prendrai à mon Retour: j’espère que ce petit voyage contribuera au rétablissement de notre chère mary qui depuis 3—ou 4—mois a une fièvre lente que rien [. . .] a pû Encore faire dissiper.

j’ai assez bien réussi cette année: et je me Suis mis En Etat de faire mieux L’année prochaine ayant planté 180 à 200. arpents de Coton—mon dernier que j’ai amené avec moi S’est vendu de Suite pour Le prix de 32. cens par livre; je vais présentement m’occuper de [. . .] Chercher les divers objets que vous me demandés: mais je crains de ne pouvoir me procurer les deux fauteuils de campêche ayant fait ce matin plusieurs recherches que ont été infructueuses; Si d’ici à mon départ je ne puis En venir à bout je me déterminerai à les faire faire; on m’a parlé d’un ouvrier qui En connaissait parfaitement La forme et qui pourrait remplir mon but.

au moment où je commençais ma Lettre Votre ami davis m’a rendu une visite, je L’ai trouvé En fort bonne Santé: je Lui ai demandé S’il avait eû de vos nouvelles, je lui ai il m’a répondu que depuis bien Long-temps il En était privé et qu’il Croyait que vous et votre frère L’aviez Entièrement oublié; j’ai pris votre déffense, alleguant que vous en etiez incapables et que je vous connaissais un trop bon cœur à L’un et à L’autre pour En agir ainsi. j’espère donc, mon cher trist, que Vous lui prouverez que je ne me Suis point déçu dans la bonne opinion que j’ai de vous.

les propriétés acquièrent ici une valeur dont rien n’approche: les terres dans mon voisinage Se vendent 12. et 1500. L’arpent et mes voisins même ne vendraient pas à un prix: ce pays marche à La prospérité [. . .] à pas de géants, et Son acquisition pour les E.U. immortaliserait Seule m. T. J. Si, d’ailleurs ce grand homme ne L’était déjà par la haute réputation dont il jouit Sur les deux hémisphères.

Votre maman, avant notre dêpart m’a Donné lecture d’une lettre de me trist: j’ai appris avec un bien vif plaisir L’Emploi que vous fesiez de Votre argent, une conduite aussi Louable vous donne des droits Encore plus chers à mon amitié; de pareils procédés, mon cher trist, Sont les présages les plus flatteurs pour toutes les personnes qui s’intèressent à vous.

Je vois Dumoulin Deux et trois fois par jour: il est parfaitement heureux: L’étude et L’amour L’occupent alternativement, et il nous prouve que ces deux passions ne Sont point incompatibles, ce qui me Rassure un peu, car j’avais manifesté à votre maman quelque crainte de vous voir negliger votre éducation en apprenant que cette dernière avait déjà fait impression Sur Votre jeune cœur, mais après une Semblable découverte je me trouve beaucoup plus tranquille Sur votre compte. la quantité de nouvelles qu’il me donne ne [. . .] Pouvant trouver place dans les bornes d’une lettre je me contente de Vous dire qu’il est amoureux mais amoureux fou:

plusieurs demandes m’ont été faites pour L’acquisition de La terre de Me trist: cette propriété vaut dans ce moment de 10–à 12–mille gourdes et dans quelques années, elle doit Selon toutes les probabilités augmenter En valeur.

Vous avez Sous ce pli, un check De 275. j’En envoie un Semblable à votre frère et dans deux ou 3. mois je vous ferai parvenir une autre petite Somme.

nous allons avoir Sous peu une banque d’êtat dont le Capital ne Sera pas moins de Deux millions, et n’excèdera pas quatre: cette banque dont le noyau Sera à La nlle orléans aura dans L’état de La Louisiane quatre Branches disseminées dans les lieux les plus convenables; La charte paraissant offrir beaucoup d’avantages aux Souscripteurs je crois que je prendrai une Cinquantaine d’actions. demain, je finirai ma Lettre.

je viens après n’ayant pû me procurer les fauteuils En question de Les commander à un ébeniste. L’un portera Les chiffres de [. . .] T. J. et L’autre de E. T. dans trois jours ils Seront prêts et je Les recommanderai à mr Debuys et Longes pour être expédiés de Suite c’est à-dire, par le premier navire qui partira pour norfolk à L’adresse que vous avez désignée: plus une edition de Bezout, La Seule que j’aie trouvé et qui est [. . .] vieille, 4. grammaires de L’homere. et une autre petite boïte renfermant quelques objets de Votre maman. j’espère que cette Caisse vous parviendra exâctement.

adieu, mon cher trist: croyez à mon amitié Sans Bornes
Tournillon.

editors’ translation

For the past two days, my dear Trist, I have been in New Orleans. I left your mother and Julien at Mrs. Habine’s, where I will pick them up upon my return. I hope that this little trip will contribute to the recovery of our dear Mary, who for 3 or 4 months has had a low fever that nothing has been able to dispel.

I did rather well this year and I have set myself up to do better next year, having planted 180 to 200 arpents of cotton. My last one, which I brought with me, sold right away for the price of 32 cents a pound. I will now look for the various objects that you asked for, but I fear not being able to find the two Campeachy chairs. My several quests of this morning were fruitless. If, from now until my departure, I cannot succeed, I will resolve to have them made. Someone told me of a worker who knows their shape perfectly and who could fulfill my goal.

At the time I was starting this letter, your friend Davis paid a visit. I found him to be in very good health. I asked him whether he had heard from you; he answered that he had been without news from you for a very long time and that he thought that you and your brother had entirely forgotten him. I took your defense, arguing that you were incapable of such a thing, that I knew you both had too good a heart to act that way. Thus I hope, my dear Trist, that you will prove to him that I did not deceive myself in the good opinion I have of you.

Properties here are gaining a value that is out of reach: land in my neighborhood sells for 12 and 1500 an arpent, and my neighbors would not even sell at any price. This region is marching toward prosperity with giant steps, and its acquisition for the U.S. would alone have Mr. T. J. immortalized if, this great man was not already so anyway, for the high reputation that he enjoys in the two hemispheres.

Your mother, before we left, read me a letter from Mrs. Trist. I learned with the greatest of pleasures about the use you make of your money. Such a laudable conduct entitles you even more dearly to my friendship. Such conduct, my dear Trist, is a flattering omen for all the persons who have an interest in you.

I see Dumoulin two and three times a day. He is perfectly happy. Study and love keep him busy by turns, and he proves to us that these two passions are not incompatible, which reassures me a little, because I had expressed to your mother some fear of seeing you neglect your education, when learning that the latter had already made an impression upon your young heart. But after such a discovery, I find myself much calmer on your account. Since the amount of news that he gives me cannot fit within the boundaries of a letter, I content myself with telling you that he is in love, madly in love.

I have received several inquiries into the acquisition of Mrs. Trist’s land. At this time this property is worth from 10 to 12 thousand gourdes, and in a few years, in all probability, it must increase in value.

Enclosed here you have a check for 275. I am sending a similar one to your brother, and in two or three months I will send you another little sum.

We will shortly have a state bank whose capital will be no less than two million and will not exceed four. This bank, whose hub will be in New Orleans, will have four branches located in the most suitable places in the State of Louisiana. Since its charter appears to offer many advantages to investors, I believe that I will take fifty shares. Tomorrow I will finish my letter.

Not having been able to find the chairs in question, I have at last just ordered them from a cabinet-maker. One will be inscribed with the initials T. J. and the other with E. T. They will be ready in three days and I will put them in the care of Messrs. Debuys and Longes to be sent right away, that is, on the first ship that will leave for Norfolk, to the address that you have specified, plus a copy of Bezout, the only one I found, and it is an old one, 4 grammars of Homer, and a small box containing a few objects from your mother. I hope that this crate will reach you intact.

Farewell, my dear Trist. Believe in my boundless friendship.
Tournillon.
RC (NcU: NPT); addressed: “N. P. trist charlottesville Virginia”; stamped; postmarked New Orleans, 16 Apr.; with additional unrelated notations in Trist’s hand and endorsed by Trist: “10th april 1818. with 29th September 1817. my Father.” Translation by Dr. Roland H. Simon.