Etienne St. Julien de Tournillon to Nicholas P. Trist

mon cher trist

ma De lettre écrite à votre frère Renfermait deux checks de $300. chaque dont un à votre ordre: d’âprès le désir que vous aviez manifesté à votre maman dans une de vos lettres j’ai envoyé à Browse celui qui vous était destiné: j’espère que le tout Sera arrivé à Sa destination, c’est ce que j’apprendrai avec plaisir.

nos récoltes l’année dernière ont généralement été très mauvaises; les Sucriers contre leur ordinaire, n’ont également rien fait: et tout indistinctement Se ressent de cette calamité, Si cependant on peut donner ce nom à un deficit dans les revenus: je me propose de réparer ma perte; j’encsemence 250. arpents en coton et j’ai déjà commencé, depuis lundi 22. Ct, c’est être un peu précoce, mais j’aime mieux m’exposer à Semer deux fois que de me trouver en retard, ou d’être, comme beaucoup L’ont été l’année dernière, contrarié par la Saison.

Louis L. a passé ici qques Jours avec un de Ses amis dont j’ai oublié le nom. pendant Son Séjour j’ai été informé que Son père avait définitivement perdu Son dernier procès Sur l’alluvion [avec] les hèritiers gravier: ce coup de foudre [qui en est] réelement [un] pour lui écroule tous les édifices de fortune [que lui] promettait [cette] propriété: un Seul instant lui a fait perdre les soins les travaux et les peines de 17. années consécutives, aussi ceux qui paraîssaient être Ses ennemis les plus prononcés le plaignent et à juste titre. Dumoulin m’annonça cette nouvelle avec un ton d’emphase qui convenait très peu à la circonstance, je lui répondis Sur un ton qui dût aussi bien peu lui convenir, et je crains bien que cette manière de m’exprimer avec lui ex-abrupto, n’ait un peu refroidi le dégré de chaleur qui alimentait Son amitié pour moi: au Surplus je m’En lave les mains. il vient d’être nommé par mr Robertson deputy Attorney genl cette place réhabilitera un peu Ses finances qui Se trouvaient dans un état de délabrement difficile à Croire Dépeindre; j’en Suis Content pour lui, Car dans le fond, à Son originalité près, c’est un assez bon diable: plusieurs personnes nous ont fait ici L’aveu qu’il allait Sous peu S’associer une compagne, jeune, jolie et ravissante; avec l’état de Santé que je lui connais je ne peux m’empêcher de plaindre cette charmante créature.

ces jours derniers est arrivé à la maison mr girod riche particulier grand planteur et frère de celui qui a été maire [. . .] pendant quelques années de la ne orléans. malgré la richesse de cet individu on S’apperçoit toujours de la grosse envelope qui le forme. il arrive de france et dix-huit mois passés à paris ont très peu façonnnés L’ancien hôte des ouachitas [. . .] Paÿs où il a commencé Sa fortune et que la mort de Son d’un de Ses frères aussi propriétaire Sur notre rivière de La fourche a Singulièrement augmentée; il a fait un Court Séjour chez nous où il S’est Sans doute apperçu qu’on ne [. . .] prisait pas les individus au poids de L’or.

je ne vous ferai aucune remarque Sur la résolution que vous avez prise d’aller terminer votre éducation à Westpoint; ce conseil v[ous a été] donné par des personnâges Si recommandables que je [m’abs]tiendrai d’aucun commentaire à cet égard. Si vous êtes content [et heureux] c’est tout ce que je désire: mais je [crains que] les reglemens [a l’Ecole?] [et la] discipline inséparable de ces Sortes d’établissements coïncident peu avec vos premières habitudes et vous fassent repentir d’une détermination aussi prompte que celle que vous avez prise dans le tems; cependant, et je le vois avec plaisir, toutes vos lettres respîrent un air de Satisfaction ce qui en ferait présumer que vous vous êtes aisement pla Rangé Sous la Sèvérité militaire.

les eaux Semblent p monter cette année avec une Lenteur qui me donnerait à penser qu’elles incommoderont peu cette année les planteurs: je Suis cependant très disposé à les attendre, la Sécheresse m’ayant permis de Sortir une très grande quantité de bois pour Lever à être Exploitée à mon moulin. cet objet prend toutes les années une valeur progressive et il ajouterait beaucoup à mon revenu Si je pouvais compter annuellement Sur trois ou quatre mois d’exploitation.

julien t. parle de tems en tems de Ses frères t. Et N. il apprend à lire avec beaucoup de difficulté et Semble avoir une aversion prononcée pour L’étude, j’espère que l’âge lui donnera de meilleures inspirations. mary Louise est charmante vous Seriez vraiment enchanté de La voir. made Brown Se porte un peu mieux depuis quelque tems, et paraît avoir une vieillesse plus Longue et plus heureuse que nous nous L’étions d’abord promis. je Suis toujours à peu de choses près toujours le même, très agissant très actif et [. . .] Surtout bien portant je commence à prendre de L’embonpoint mais je n’en Suis pas pour cela plus lourd.

adieu, mon cher trist, Songez à nous, vous ne ferez que nous imîter et croyez toujours à L’amitié réelle de votre pere

Tournillon.

editors’ translation

My dear Trist,

My last letter to your brother included two checks of $300 each, one of them to your order. Following the wish that you expressed in one of your letters to your mother, I sent to Browse the one that was meant for you. I hope that everything will reach its destination, and I will be glad when I know that.

Our crops last year were generally very bad. The sugar growers, contrary to their usual, did not make anything either, and everything has been indiscriminately affected by this calamity, if, however, we may qualify with such a term a deficit in revenues. I propose to repair my loss. I am sowing 250 arpents with cotton, and I have already started on Monday, the 22nd of this month. This is a bit early, but I prefer to risk seeding twice rather than to be late, or to be thwarted by the season, as many people were last year.

Louis L. spent a few days with us together with one of his friends whose name I have forgotten. During his stay I was informed that his father had definitely lost his last lawsuit about the alluvion to the Gravier heirs. This lightning bolt, and it is really one for him, ruins all the edifices of fortune this property promised him. A single instant made him lose the care, the work, and the effort of 17 consecutive years, and even those who seemed to be his worst enemies pity him, and rightly so. Dumoulin apprised me of this news with a tone of emphasis that was very ill-suited to the occasion. I answered him in a tone that must also have not suited him, and I am afraid that this way of expressing myself ex-abrupto may have cooled down a little the degree of warmth that nourished his friendship for me. In any case, I wash my hands of it. He has just been named Deputy Attorney General by Mr. Robertson. This position will somewhat rehabilitate his finances, which were in a state of dilapidation difficult to describe. I am happy for him, because fundamentally, his eccentricity aside, he is a rather good devil. Several people here confided to us that he would shortly take as consort a woman friend, young, pretty and ravishing. With his state of health, as I know it, I cannot avoid pitying this charming creature.

These last days Mr. Girod came to the house. He is a rich individual with a big plantation and the brother of the one who was mayor of New Orleans for a few years. Despite the wealth of this man, one always takes notice of the coarse exterior that shapes him. He is arriving from France, and eighteen months spent in Paris have fashioned very little the former denizen of the Ouachitas, a region where he started his fortune, which the death of one of his brothers, a landowner on our Lafourche river, has singularly increased. He had a short stay at our house, where he probably realized that we did not value individuals by their weight in gold.

I will make no remark on the resolution that you have made to go finish your education at West Point. This advice was given to you by people so trustworthy that I will abstain from all comments on this matter. If you are satisfied and happy, it is all that I wish for, but I fear that the regulations at the school and the discipline inseparable from this kind of institution would be in little agreement with your earlier habits and over time would make you regret such a swift decision. However, and I see it with pleasure, all your letters breathe an air of satisfaction, which would lead one to presume that you have comfortably fallen in line with military strictness.

The water seems to rise so slowly this year that it makes me think that it will be of little inconvenience to the planters. I am nevertheless willing to wait for it, the drought having allowed me to bring out a great quantity of wood to be run through my mill. This purpose takes an increasing value every year, and it would add much to my revenues, if I could count annually on three or four months of operation.

Julien T. speaks from time to time of his brothers T. and B. He is learning how to read with great difficulty and seems to have a pronounced aversion for study. I hope that age will give him better inspirations. Mary Louise is charming. You would be delighted to see her. Mrs. Brown has been a bit better for some time and seems to have an old age longer and happier than we had at first thought. I am more or less always the same, very enterprising, very active, and especially in good health. I am beginning to put on flesh but I am not any heavier for that.

Farewell, my dear Trist. Think of us, you will only imitate us, and believe always in the real friendship of your father

Tournillon.
RC (NcU: NPT); stained; addressed: “N. P. trist West-pointe New Yorck”; stamped; postmarked Lafourche, 2 Mar.; endorsed by Trist: “My Father 24th Feby 1819.” Translation by Dr. Roland H. Simon.